Boujmii, l’homme et l’œuvre

Les anciens compagnons de Boujmii sont unanimes sur son talent et ses qualités humaines. Contre l’oubli, ils revendiquent la réhabilitation de sa mémoire. Témoignages.


Taïeb Saddiki : « Il y a des charognards qui veulent faire de Boujmii un grand politicien »
J’aimais beaucoup Boujmii, c’est un garçon qui avait beaucoup de talent. Il était vraiment à l’origine du mouvement de la chanson populaire dite ghiwanie. En plus de cela, il était très généreux, avec un cœur en or.
Ce que je regrette maintenant, c’est qu’il y a des gens que j’appelle des charognards qui veulent faire de Boujmi un grand politicien. Et ils vont jusqu’à prétendre qu’il a été assassiné.
Je suis scandalisé par ces criminels qui cherchent derrière cela un ou des profits.





Moulay Abdelaziz Tahiri : «Le défunt avait un don artistique multiple»
A l’occasion du 31ème anniversaire de la disparition de Boujmii, je voudrais dire que le regretté avait un don artistique multiple. Il était d’abord un grand comédien, en témoignent les cinq ou six rôles qu’il avait joués avec beaucoup de talent. Le public a toujours souhaité le voir et le revoir sur scène…




Hamid Zoughi : « Boujmii est victime d’une terrible injustice »
Boujmii a disparu dans des circonstances obscures, on attend encore et toujours que ces circonstances soient élucidées. Je suis révolté que, même après sa disparition, certains s’acharnent encore à vouloir le gommer de l’histoire de Nass El Ghiwane, alors qu’il fut l’un des fondateurs de ce groupe. Je me demande pourquoi Nass El Ghiwane eux-mêmes ne s’intéressent pas à leur ex-compagnon, la moindre des choses aurait été que le groupe commémore annuellement l’anniversaire de sa disparition. En ce qui concerne mon rapport au regretté, j’étais lié à Boujmii par des liens très forts. Cela date de notre enfance, quand nous habitions à Derb Moulay Chrif (Hay Mohammadi). S’agissant des souvenirs que j’ai gardés de Boujmii, il y en a un que l’on a toujours occulté : au-delà de sa passion du « zajal hassani », du théâtre, le regretté fut un grand joueur de football. Il s’est fait remarquer à son très jeune âge par sa qualité de jeu, au point que le défunt Larbi Zaouli lui avait proposé d’intégrer l’équipe « TAS ».

Omar Sayed : « Nous n’avons certes pas assez fait pour le regretté »
Nous aurions certes pu faire mieux pour réhabiliter la mémoire du regretté, mais l’image de Boujmii est restée très vivace dans notre mémoire. Il ne se passe pas un jour sans qu’on ne se rappelle cet artiste pétri de grandes qualités humaines. Ce que j’appréciais beaucoup de lui, c’est qu’il était toujours souriant. Le défunt répandait autour de lui comme une odeur de félicité, il était aimé de tout le monde. S’agissant de sa qualité d’artiste, je dois d’abord préciser que Boujmii vit le jour dans un quartier habité par des gens originaires de la région dite « Aârib », située à quelques kilomètres de Taroudant. Ces gens étaient connus pour leur capacité à communiquer avec des paroles très suggestives, ce qui en art passe pour une très grande qualité. Plus tard, la famille Boujmii déménage à Derb Moulay Chrif. C’est là que je fis sa connaissance. Avec lui, je partageais la passion du théâtre. En 1963, nous avons créé la troupe « Rouad Al Khachaba » (Les Pionniers de la scène). Dans ce « nous», se reconnaîtront évidemment Miloud Ouâli, Allal, Lahcen (frère de Boujmii)… En 1967, nous avons intégré la troupe du Théâtre municipal dirigée alors par Taïeb Saddiki.


Par : M’Hamed Hamrouch

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